Aujourd’hui, on s’attaque à un véritable ovni de l’investissement : l’or. Considéré par beaucoup comme une relique du passé, surtout depuis l’apparition des crypto-monnaies, il n’a pourtant jamais été aussi en forme que maintenant. C’est un sujet que j’ai exploré dans mon livre « Reprenez le pouvoir sur votre argent ! » aux éditions First, et aujourd’hui, on va voir ensemble s’il mérite encore une place dans ton portefeuille.
Tu n’es pas sans savoir que depuis des millénaires, l’or fascine pour son éclat et ses propriétés physiques, mais ce n’est pas la seule raison de son succès actuel. Si l’on regarde en arrière, son prix a augmenté en moyenne de 4,5% par an durant le siècle dernier. Mais plus récemment, c’est l’explosion : sur les cinq dernières années, il a affiché une performance cumulée de près de 160%, faisant de lui l’un des meilleurs actifs financiers mondiaux, loin devant les actions internationales qui, sur la même période, ont tourné autour de 70%.
Ce succès spectaculaire n’est pas dû au hasard. Le contexte récent, tendu sur les plans économique et géopolitique a poussé les investisseurs particuliers, mais surtout les banques centrales de pays comme la Chine ou l’Inde, à se ruer vers l’or pour réduire leur dépendance au dollar. Cette situation révèle le principal intérêt financier de l’or : sa capacité historique à servir de protection, de réserve de valeur lorsque le climat devient morose ou incertain. C’est un actif qui présente le très grand avantage d’être totalement décorrélé des marchés financiers traditionnels, ce qui lui confère un rôle de diversification indiscutable en diminuant la volatilité et les pertes globales en période de crise économique. On le considère aussi comme un rempart historique contre l’inflation. C’est un actif tangible dont le stock mondial est limité et ne croît que très lentement, contrairement aux monnaies fiduciaires que les banques centrales peuvent « imprimer » massivement, diluant ainsi leur valeur au fil du temps.
Mais attention, en parallèle tu dois bien te rendre compte que le cours de l’or est très volatil. Il présente de temps en temps de belles périodes de performance, comme dans les années 70, mais il est arrivé que son prix chute d’un tiers de sa valeur en peu de temps avant de stagner pendant des périodes d’une ou plusieurs décennies. Ainsi, il affiche un ratio de Sharpe relativement modeste – de l’ordre de 0,4 – ce qui signifie que son rendement rapporté à la volatilité est inférieur à celui d’autres classes d’actifs, comme les actions internationales. Ce n’est pas sa seule limite importante : il ne produit aucun revenu courant (pas de dividende ni d’intérêt), ce qui entraîne un coût d’opportunité quand d’autres actifs sont en phase haussière. Sa valorisation repose surtout sur la demande et les anticipations de son rôle de valeur refuge, ce qui explique pourquoi une part de ses mouvements de prix relève de la spéculation. En moyenne et sur la durée, les actions ont historiquement offert de bien meilleures performances. Sur les 40 dernières années, les actions internationales dans leur ensemble ont permis une performance égale au double de celle du cours de l’or ! Sur la même durée, c’est même 4 fois plus pour les actions américaines du S&P 500.
Pourtant en France, l’or a un statut particulier, avec l’argument de la décorrélation qui devient parfois presque irrationnel. Il est vu comme le meilleur investissement “en dehors du système”, avec 30% des français qui en détiennent ! Plus spécifiquement, il est souvent présenté comme l’un des derniers biens que l’État peut difficilement saisir si stocké discrètement dans le grenier.
Quelle est la bonne approche au milieu de tout ça ? C’est une question de dosage. Inclut en petite proportion dans un patrimoine (entre 2 et 10%), il est démontré qu’il permet d’augmenter le rendement global en diminuant le risque global. Il est donc à conserver en petites doses pour ne pas être victime de sa propre volatilité, et c’est là qu’il prend tout son sens pour muscler ton patrimoine.
Si tu veux passer à l’action, rassure toi, car l’or bénéficie d’un marché très dynamique permettant de le convertir rapidement en liquidités, et il est négociable en continu sous différentes formes : pièces, lingots ou parts de fonds. Si tu veux de l’or physique, comme le fameux Napoléon, ou des lingots, tu dois essentiellement comprendre une notion: celle de la prime. C’est l’écart entre le prix du métal pur et le prix réel de la pièce ou du lingot. Cette différence s’explique par les frais de fabrication, la marge de l’intermédiaire et, parfois, la valeur de collection. Le Napoléon par exemple, coûte plus cher qu’un lingot rapporté à son poids, en raison de la valeur historique de cette monnaie et avec des variations selon l’état de la pièce. Pour amortir ces frais initiaux, il faut donc envisager et conserver son investissement sur plusieurs années. De plus, détenir de l’or physique entraîne des coûts et des contraintes : coffre-fort avec alarme et assurance pour limiter le risque de vol, ou location d’un service professionnel de stockage. Heureusement, côté fiscalité, la France propose un régime spécifique assez avantageux. Tu as le choix : soit une taxe forfaitaire de 11,5 % sur le montant total de la vente, même si tu ne fais pas de bénéfice ; soit le régime des plus-values, qui est souvent plus intéressant puisqu’il permet une exonération totale après 22 ans de détention. À noter aussi que les transactions inférieures à 5 000 euros sont totalement exonérées.
Si posséder physiquement l’or ne compte pas pour toi, tu peux te tourner vers les fonds trackers appelés ETC. C’est le moyen le plus simple d’intégrer l’or à ton compte-titres ou ton assurance-vie sans aucune contrainte logistique. Mais attention à la nuance : privilégie les fonds dits à réplication « physique », comme l’iShares SGLN ou l’Amundi Physical Gold. Contrairement aux produits purement synthétiques, les gérants de ces fonds achètent réellement des lingots qu’ils stockent dans des coffres bancaires ultra-sécurisés et audités. En échange de cette organisation déléguée, dans laquelle tu n’auras jamais accès aux lingots, les frais sont extrêmement contenus, autour de 0,12% par an actuellement. La fiscalité qui s’applique est celle de ton enveloppe d’investissement. Malheureusement, les ETC ne sont pas une option éligible au PEA.
Finalement, l’or est un actif à part et assez clivant. C’est avant tout un placement défensif, utile en faible proportion en période d’incertitude pour protéger ton patrimoine plutôt que pour le faire croître. Retiens que pour un patrimoine, l’or est une assurance, quand les actions ou l’immobilier en sont des moteurs.
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